J'avais un meilleur ami, un meilleur ami que je considère pourtant toujours comme tel. Mais de son côté, il n'en est rien. Si je m'explique aujourd'hui, c'est que j'ai un poids incommensurable qui alourdit ma poitrine, qui me fait suffoquer et j'ai un besoin indéfinissable de m'en décharger pendant quelques temps. Je ne vous raconterai pas mon histoire, puisque tous ceux qui me connaissent de près ou de loin commencent à la connaître. Je me contenterai alors de l'expliquer.
Il fut jadis un temps où je ne comprenais pas le mot "meilleur ami". Des potes, j'en avais, mais des amis, moins. J'en retiens le nom d'une mais après, c'est le désert total. Et c'est ainsi, dans cette situation qui me pesait parfois que la période du collège s'est effectuée. Puis, à l'entrée du lycée, j'ai enfin appris ce que signifiait ce terme. Cette expression. Cette chose indéfinissable qui pourtant nous transporte de joie et de confiance. Ce fut un mec extra, un mec extraordinairement extra qui me combla sur beaucoup de mes faiblesses (à commencer par mon anxiété).
Je n'irai pas plus loin dans cette histoire car déjà je ressens les larmes de douleurs qui affluent et mes défenses internes chargées de réprimer cette effervescence sont débordées. Comprenez ma situation, même si vous n'y adhérez pas. Les moments de bonheur avec lui me font mal car je ne supporte plus leur absence.
Désormais, je vis condamné à ne plus le voir, ou du moins, à ne plus le voir de la même façon. Parce que ce qui autrefois lui esquissait un sourire, ne s'apparente plus qu'à un faible regard chargé de reproches et de désolation. Le parterre de roses qui composaient mon c½ur a fané. Seules les épines ont résisté à ce gel. Et je ne sais comment dire... mais je ne peux plus. C'est stupide, bidonnant peut être, voire pathétique, mais je l'aime ce mec. J'en ai la nausée rien que de songer à ma situation, à me rappeler que tout est terminé, que plus rien ne fera qu'on sera les meilleurs amis de la planète où tout nous tendait les bras. Vous pouvez pas savoir à quel point je m'en veux, à quel point j'ai été une sous-merde peut être.... Mais je ne peux me résoudre à l'oublier car il fait partie de moi et la seule manière de le détruire à jamais serait d'incendier cette vieille baraque avec ses tapisseries et ses murs pourvus de souvenirs. Mais ce n'est pas qui peut faire ça. Preuve de lâcheté, de "couille molle", prenez l'adjectif qui vous conviendra. Je sais juste que sans lui je me meurs et je ne rêve que d'une chose avant de lancer toute autre chose dans ma vie. Chose qui me détruira, je l'avoue, mais je ne peux rien contre mon subconscient. Ce devait être écris comme ça: tu l'aimeras à en crever. Foutu expression, on pense jamais à son autre sens...



